Le meilleur déchet est celui qu’on ne produit pas. (4/7)

Les déchets organiques représentent jusqu’à 30% du poids total de nos déchets. Il convient donc de leur trouver une place plus valorisante que le fond des sacs poubelles, voués à l’incinération ou l’enfouissement.

La méthode la plus évidente pour éliminer ses déchets organiques reste, bien entendu, le compostage. Néanmoins pour être pratiqué, il est nécessaire d’avoir un jardin. Or, une bonne part dans la population habitant désormais en ville, le compostage domestique est plus difficile à mettre en place. Toutefois, on trouve de plus en plus de composteurs collectifs disponibles en ville. Une belle initiative qu’il convient d’encourager !

Il existe pourtant des solutions, faciles et peu coûteuses à mettre en place !

Qu’est-ce donc, que le lombricompostage ? Comment ça se passe ?

Comme le nom l’indique, il s’agit d’un procédé de compostage, utilisant des lombrics. Mais pas n’importe lesquels ! Les plus couramment utilisés sont les « vers rouges », ou « vers du fumier », Eisenia Foetida, ainsi que les « vers rouges de Californie », Eisenia Foetida Andrei. Vous trouverez ces vers, faciles à identifier, dans les tas de compost de quelques semaines/mois. Vous pouvez également les commander sur le web. Les vers sont placés dans des bacs, appelés lombricomposteurs. Vous pouvez les acheter tout fait (vous en trouverez à partir de 70€, principalement sur le web), mais également les faire vous-même, très facilement. (Un « tuto » sera fait plus tard, pour expliquer plus concrètement comment le faire, quels bacs choisir, etc…). On conseille de commencer avec ~250g de vers pour 2 personnes ; en réalité, la quantité à prendre dépend plus de votre production de déchets organiques.

Ces lombrics consomment la moitié de leurs poids par jour en nourriture, et dans de bonnes conditions, jusqu’à une fois leur poids ! Autrement dit, si vous partez avec 250g de vers, vous pourrez, dès le début, éliminer 125g de déchets par jour. Soit 875g de déchets par semaine… Soit 45500g par an. Soit 45 kilos ! Et encore, sans parler du fait que votre population de vers peut doubler tous les 2 mois dans de bonnes conditions, et qu’ils peuvent consommer jusqu’à une fois leur poids… On arrive (dans des conditions exceptionnellement favorables!) à 945 kilos de déchets à l’année. Impressionnant, non ? Bon, inutile de vous dire que ces chiffres ne sont donnés qu’à titre informatif uniquement… Ils me semblent très difficiles à atteindre ! Chez nous, on passe en moyenne entre 800 grammes et 1 kilo par semaine.

 

Du coup vous l’aurez compris, ces vers sont de vrais gloutons, et mangent à peu près tout ce qui leur est proposé ; épluchures de fruits et légumes, fanes de légumes (si vous ne le cuisinez pas ou s’ils sont abîmés), marc de café, sachets de thé… Parmi les aliments à éviter ; les agrumes poireaux et oignons(trop acides), ail et graines de courge (vermifuge), l’huile (asphyxie les vers), les produits d’origines animales (lait, œufs, fromage, yaourt, etc…), tout comme la viande (les vers ne sont pas des charognards… Ils sont détritivores) .

Pour compléter leur repas, il faut (et c’est impératif!) effectuer des apports de matière carbonée, comme les boites d’œufs (celles en carton, pas celle en plastique, évidemment! Et sans l’étiquette, c’est préférable), rouleaux de papier essuie-tout ou hygiénique (non colorés, non imprimés), papier (non blanchi et non imprimé, de préférence), ainsi que le carton brun (encore une fois, non imprimé, sans colle).

Pourquoi cet apport de matières brunes ?

Simplement pour aérer l’ensemble, produire un compost plus stable (le carbone servira de « support » aux éléments disponibles dans le compost), et également pour réguler l’humidité des déchets verts (composés à 80%!).

Nettement moins connu et répandu que le lombricompostage (lui-même encore trop peu connu…), le Bokashi n’est pas réellement un compostage.

Il s’agit d’un procédé inventé par le professeur Japonais Teruo Higa, dans les années 80.

Comment ça se passe ?

Dans un seau percé de plusieurs trous (drainage) au fond, lui-même dans un seau identique, vous tassez les déchets de manière a laisser le moins d’air possible. Il faut ensuite ensemencer avec les bactéries appropriées, mais nous y reviendrons dans un article consacré.

L’avantage et l’intérêt de cette méthode résident, pour moi, dans la « non-sélectivité » du procédé. Ainsi, vous pourrez tout mettre dans le Bokashi ; fruits et légumes (y compris les agrumes, poireaux, oignons, ail…), viandes et os, produits laitiers…

Cette méthode est, pour moi, totalement complémentaire du lombricompost ; en cas de production de déchets accrue (par exemple, si vous préparez vos compotes, si vous faites des conserves, etc… les épluchures et les chutes de fruits & légumes seront plus importantes sur une période trop courte pour tout donner aux vers), voire même pour éliminer efficacement les litières animales (rongeurs, oiseaux, chats…).

En combinant ces deux méthodes, vous ne devriez plus avoir le moindre déchet organique dans votre sac poubelle ! Si toutefois, vous n’étiez pas convaincus, vous pouvez toujours voir avec vos voisins, s’ils compostent, s’ils acceptent de recevoir vos déchets. Créez des liens par le biais de nos déchets, ce serait amusant, non ?

Nous reviendrons plus en détail sur ces deux techniques plus tard, donner nos petits trucs perso, présenter nos systèmes…

Connaissiez-vous ces pratiques ?
Et surtout, les appliquez-vous ?

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7 réflexions sur “Le meilleur déchet est celui qu’on ne produit pas. (4/7)

  1. Depuis que je composte, j’ai réduit d’1/3 mes déchets ménagers et en plus j’ai de l’engrais gratuit pour faire pousser mes légumes. Je ne connaissais pas le bokashi mais il semble que se soit une technique assez simple à mettre en oeuvre. Ces initiatives devraient être encouragées et développées.

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  4. Je n’ose pas faire du lombricompostage. J’ai peur que les vers s’enfuient. J’ai peur que ça sente. Ce n’est pas très rationnel mon affaire! Je ne connais personne qui en fait. Lire sur Internet ne semble pas suffire pour que je fasse le pas. Avais-tu des craintes au départ?

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