Le lombricompost, des vers pour réduire les déchets.

coucou les vers dans les mains

Alors que nous amorcions notre transition écologique il y a quelques années, nous nous sommes retrouvés confronter à un problème qui se pose pour beaucoup. Nous cherchions à réduire nos déchets, et surtout à valoriser nos déchets organiques. La solution, toute désignée, que tout le monde connait, est simple ; le compost, pardi ! Seulement, n’ayant à l’époque pas de jardin, nous n’avions pas le loisir d’installer un bac à compost. Après quelques recherches, nous sommes tombés par hasard sur le lombricompostage.

Qu’est-ce donc ?

Le lombricompostage, vous l’avez donc compris, est une méthode de compostage hors-sol, en opposition avec le compost classique, qui lui se déroule dans un jardin, avec un  tas de déchets déposé au sol, dans un bac ou non.
Ici, les seuls acteurs du compostage sont des vers spécialement choisis pour leur voracité, leur capacité à se reproduire rapidement. Il s’agit des vers de fumier, les vers Eisenia foetida, qui sont les plus couramment utilisés.

Où trouver ces vers ?

Comme le nom l’indique, ils aiment les tas de fumiers, et plus généralement la matière organique. Si vous avez accès à un tas de fumier, ou à un composteur, fouillez dedans et vous trouverez rapidement ces jolis vers. Si vous n’avez pas accès à ces ressources, il reste la possibilité d’en demander sur le site de don plus2vers.fr . Les vers se multipliant rapidement une fois le rythme trouvé, les possesseurs de lombricompost sont capables de vous donner une quantité de vers suffisante pour démarrer votre propre affaire.
Et si vraiment vous n’arrivez pas à vous en procurer, il reste la possibilité d’en acheter. Mais là, je ne vous mets pas de lien. On compte 250g de vers pour commencer un lombricompost sereinement. C’est quand ils sont bien à l’aise et ont suffisamment à manger qu’ils se reproduisent : un ver peut donner naissance de 100 à 400 vers.

vers dans sa maison lombricompost

Coucou toi

Comment les loger ?

Maintenant que l’on connait le principal acteur, il va falloir lui donner un lieu de vie adéquat.

On trouve dans le commerce des tas de modèles de lombricomposteurs, avec un ou plusieurs étages, un robinet, bref, des tas d’options super sympas.
Seulement, les options et le design, c’est sympa, ça s’intègre bien dans une maison, mais ça finit par avoir un coût non-négligeable (à partir de 60 euros sans les vers). Alors, lorsque l’on veut débuter son lombricompost, mais sans avoir la moindre idée de la réussite ou non du projet, sans investir une somme folle, on se tourne vers l’auto construction.
Après pas mal de recherches, en magasin de bricolage et à peu près tous les magasins possibles et imaginables, nous avons fini par trouver notre bonheur.
Un bac de dimensions (400 X 300 X 210 mm, mais c’est pas une science exacte), fermé (sans trou aux poignées), empilable (et pas encastrable), et avec couvercle, le tout de qualité alimentaire. L’ensemble (3 bacs + couvercle) nous est revenu à moins de 20 euros.

caisse lombricompost home made maison

Pourquoi 3 bacs ?
Le premier bac, celui du fond, va servir à récupérer le jus de lombricompost (ou lixiviat pour ceux qui aiment se compliquer la vie utiliser les bons termes). Le deuxième, posé sur le premier, va servir à recueillir les vers, et la nourriture des vers ; autrement dit, vos déchets organiques. Le troisième bac ne sera pas utilisé immédiatement ; mais lorsque le deuxième bac sera plein, il viendra se poser dessus, et vous commencerez à y mettre vos épluchures. Au fur à et à mesure, les vers migreront du bac 2 vers le bac 3. Lorsque le bac 3 est plein, on considère que le bac 2 est à maturité (en réalité il l’est avant, mais bon…). On peut donc vider le bac 2, qui deviendra le bac 3.

Ok, mais comment ils font pour migrer mes vers ?
Parce que déjà, avoir des caisses pleines de vers chez moi ça fait peur, mais si en plus c’est des vers capables de traverser la matière on va vraiment pas être copains…
Pas de panique, ils ne sont pas magiciens (et pourtant, ils transforment vos déchets en un précieux amendement, extrêmement riche! Si c’est pas de la magie…)
Vous aurez pris soin au préalable de percer vos caisses tous les centimètres, d’un trou fait à la perceuse avec un forêt de 4mm. Vous obtiendrez donc ça :

trous lombricompost
Les trous permettront l’écoulement du lixiviat (oui, je me complique la vie), et la migration. Bien évidemment, il ne FAUT PAS percer le bac du dessous.

Le menu pour ces messieurs dames.

giphy (1).gif

Bon, maintenant que j’ai mes vers et un hôtel 4 étoiles pour eux, il va falloir les nourrir.
Déjà, lorsque vous allez installer vos vers dans leur nouvel hôtel, vous devrez les laisser prendre possession des lieux tranquillement sans les nourrir (oui, c’est dur). Couvrez le fond de votre bac de carton ou de papier journal, et c’est tout, pendant une semaine.
Après ce temps d’adaptation, vous pourrez commencer à les nourrir. Les vers sont capables de manger la moitié de leur poids par jour, et dans de bonnes conditions, leurs poids !
Soit, pour 250g de vers, de 125g de déchets par jour à 250g !
Commencez par de petites doses, en partant plutôt sur ¼ du poids de vers en nourriture.

Repas des vers dans un lombricompost

Bon d’accord, merci, je sais combien je dois leur donner de… De quoi au fait ? Ils mangent quoi ?

Les vers sont très voraces et mangent beaucoup de choses différentes. Globalement ils mangent toutes les épluchures de cuisines, les trognons de fruits et légumes. Et surtout, il faut apporter de la matière carbonée ! (Voir plus bas)
Le plus simple est de vous copier directement un tableau de ce qu’ils peuvent manger ou ne peuvent pas.

A mes débuts et pour garantir un compostage rapide et efficace, je prenais le temps chaque jour de recouper les épluchures en petits morceaux. Je ne le fais plus aujourd’hui et il n’y a aucun problème.

Surtout, s’il y a bien un conseil à retenir, c’est de ne pas lésiner sur la matière carbonée ! Rouleaux d’essuie-tout, de papier hygiénique, boites d’œufs, cartons bruns (de colis), papier kraft, autant de ressources utilisables et valorisables par ce biais ! Ces matériaux vont aérer le compost, assécher également, et surtout, fixer les éléments nutritifs. Ce qui évitera un lessivage trop important lors de l’utilisation.
N’hésitez pas non plus à apporter des matières nécessitant un long temps de compostage, comme les coques de noix et noisettes, les noyaux (dattes, avocats, prunes, tout y passe…). Ils vont grandement aider à maintenir un compost aéré et aussi, les vers ont l’air d’apprécier ces « cachettes », ils y sont souvent assez nombreux et on y retrouve toujours des « cocons » (=œufs de vers).
Apporter aussi, régulièrement, des coquilles d’œufs broyées, une source de calcium qui évitera l’acidification du compost (et fournira à vos plantes une part de calcium nécessaire à leur croissance. Si c’est pas merveilleux!)

Nourriture de vers déjà bien transformee

Nourriture de vers déjà bien transformée

L’utilisation du lombri compost

Super ! J’ai réussi à faire un beau compost ! Maintenant, comment je l’utilise ?

A ce jour, je n’ai pas vraiment expérimenté le lombricompost en pots ou jardinières, aussi je ne vais pas forcément trop vous aiguiller. Globalement je n’ai jamais dépassé les 20% de lombricompost dans le mélange terreau/terre de mes plantes en pot.
Désormais, j’utilise ce compost au jardin directement ; on parle généralement de 300g/m² au jardin potager, mais le poids est assez fluctuant (selon le taux d’humidité du compost.)
J’utilise donc mes mains pour doser et apporter le compost de façon très ciblé ; une à deux poignées autour des plantes gourmandes fraîchement repiquées (typiquement, les solanacées). Pour les cucurbitacées, on peut se lâcher un peu plus, et apporter directement 4 à 5 poignées.
J’évite d’en apporter trop en une seule fois, je préfère en rapporter en cours de culture si je vois un ralentissement/jaunissement/dépérissement… Je n’en utilise pas pour les autres plantes, qui prendront les reliquats, ou seront amendées avec un compost « classique ».

Ouais bon ok, c’est bien beau ton lombricompost, mais il a quoi de mieux que le compost classique ?

Le lombricompost, par son procédé de fabrication, est plus « sain », plus contrôlé qu’un compost classique. On ne risque pas de voir se développer une colonie de taupins, de larves de hannetons ou autres joyeusetés.
De plus, lors de l’utilisation au jardin, vous apportez une vie micro biologique très riche, mais également macro biologique. Et oui, en apportant du lombricompost au jardin, vous apportez directement des vers (adultes ou non), mais aussi et surtout de très nombreux cocons ! Dans un jardin tenu couvert par des paillis végétaux diversifiés, les vers trouveront de quoi se nourrir et contribueront, encore une fois, à l’amélioration de la fertilité de votre sol.
Chez nous le lombricompost a failli être abandonné à notre arrivée dans une maison avec jardin ; finalement, des mulots ayant rapidement pris possession du composteur, nous avons opté pour revenir au lombricomposteur, qui nous permet de composter sereinement nos « déchets » de cuisine.
Pour éviter de se retrouver avec une invasion de mulots dans le potager, on continue à les nourrir dans le composteur, en leur donnant quelques fruits ou légumes si on en a trop, sinon du pain sec récupéré ici ou là. Cela fait déjà 1 an que l’on cohabite comme ça, et ils n’ont absolument pas touché à nos cultures jusqu’ici.

Bon bah c’est super ton truc, je vais pouvoir composter sans aucun problème maintenant ! Parce que, hein, c’est pas difficile ? Pas de problèmes à l’horizon ?

Ce n’est pas si simple !
Il peut, effectivement, y avoir des problèmes, évidemment.
Nous n’avons rencontré que 4 problèmes jusqu’ici dont 3 étaient directement liés entre eux :

  • Fuite de vers,
  • odeurs,
  • mort de vers,
  • et moucherons

Le pire, et celui que beaucoup appréhende, c’est la fuite des vers.

Cela nous est arrivé: En pleine nuit, Laurine est descendue au rez de chaussée et a trouvé les chats en train de s’amuser avec… des vers! Sur le pallier ils étaient nombreux à dépérir (une fois sortis du lombricomposteur, ils ne survivent généralement pas, puisque l’air ambiant est trop sec pour eux.) Évidemment la vision est assez dérangeante, et à 2h du matin, faire la chasse aux évadés et trouver une solution de repli pour passer une nuit un minimum sereinement… Bref, nous avons simplement remis les fugitifs dans un bac à part (nous avions 2 lombricomposteurs à l’époque).

giphy.gif

Le lendemain, j’ai procédé à « l’autopsie » du bac mis en cause.
Pour une raison qui m’échappe encore, plusieurs vers avaient « fondu » dans le bac, les faisant ainsi pourrir. L’odeur était vraiment forte, ce qui a très certainement entraîné la fuite des vers. Je n’ai pas réellement compris qu’elle était la cause de ces morts; aurais-je mis une nourriture proscrite ? Un morceau d’ail, une graine de courge ? Le milieu n’était pas acide, j’apporte très fréquemment une bonne quantité de coquilles d’œufs broyées pour éviter ça.
L’autre cause probable était une éventuelle asphyxie du milieu ?
Bref, j’ai vidé le bac sur un plateau, et j’ai méticuleusement fouillé le compost, en retirant les vers « fondus » et ceux qui me semblaient mal en point. En remettant tout ce petit monde dans le bac, il n’y a plus jamais eu de problème.
Depuis, nous n’avons plus jamais eu le problème (ni « fonte » de vers, ni odeur, ni fuite).

En revanche, et là, nous n’avons pas trouvé la recette miracle, nous nous sommes retrouvés confrontés à une invasion de mouches du terreau, des sciarides. Elles pullulent généralement dans les terreaux trop humides des plantes d’intérieur. En aérant régulièrement et en tenant le lombricompost dans une pièce qui n’est pas une pièce de vie, le problème reste relativement peu important. C’est plus inesthétique qu’autre chose. A noter que le problème est cyclique, en général il n’y a peu ou pas de sciarides en automne, jusqu’au printemps. La population atteint des sommets en juillet/aout, puisque leur cycle de vie varie en fonction de la température.

Et t’as parlé d’un bac tout en bas, pour récupérer du jus, ou un truc comme ça? Tu m’expliques?

Le dernier bac sert à collecter le jus, autrement appelé thé, et pour les plus téméraires, lixiviat. C’est, en gros, l’humidité contenue dans la nourriture des vers qui, excédentaire, va percoler à travers tout le compost, entraînant avec elle une part de nutriments. Autrement dit, c’est un excellent fertilisant. Difficile de vous donner ses valeurs NPK (la sacro-sainte triade de nutriments, Azote(N) Phosphore(P) Potassium(K)), puisque ça dépendra de la composition du compost. On utilise ce thé, au plus simple, en dilution à 10% (soit 1 litre pour 10 litres d’eau). A utiliser en arrosage tous les 15 jours, ou plutôt à chaque fois que vous penserez à récupérer ce thé. Il arrive parfois de ne pas récupérer de thé pendant plusieurs semaines/mois. En revanche, si vous en récoltez tous les 3 jours des litres et des litres, c’est que vous devez avoir un problème de matières sèches (pas assez de carton par ex.). Ou alors vous avez un très, très, TRÈS gros lombricomposteur.

Voilà, je pense que le tour de la question est fait. N’hésitez surtout pas à poser vos questions, ou à faire remonter les erreurs, les trucs survolés… Je me ferais un plaisir de corriger et affiner!

Publicités

Faire les poubelles – de la survie à l’acte politique.

Fouiller dans les poubelles acte de survie et acte politique

Titre accrocheur pour parler d’un sujet assez tabou, rarement abordé sur les blogs lifestyle ou écologique, car sans doute pas assez glamour. Et pourtant, il serait temps de lever le voile sur cette pratique qui concerne beaucoup de personnes, que ce soit par besoin ou par militantisme.

[Spoiler : Oui, on fait les poubelles sans aucune gêne; j’ai partagé notre dernière récolte sur un groupe FB qui a suscité beaucoup de réactions. J’ai pensé qu’il serait intéressant de proposer un article pour reprendre un peu tout ce qui a été dit] Lire la suite

Shampoing solide spécial dreads – Parce que nos boudins le valent bien.

shampoing pour dreads entete titreIl y a deux ans, j’inaugurais la catégorie beauté de ce blog, en partageant la recette de mon premier shampoing solide. En deux ans, mes cheveux et mes envies ont évolués, les recettes aussi. Et surtout, je suis dreadée depuis un an maintenant et il a fallu que je trouve un shampoing  parfaitement adapté avec des critères bien précis: Il faut que celui ci lave bien, qu’il ne démêle pas, et qu’il assainisse le cuir chevelu qui étouffe un peu plus vite. Lire la suite

Bilan minsgame

entete - bilan minsgame

Le mois dernier, nous avions publié un article sur le minimalisme et avions décidé de nous lancer dans le défi minsgame pour ce mois de juillet. Pour rappel, c’est un challenge minimaliste qui consiste à se débarrasser d’objets en fonction des jours calendaires; au 1er du mois, on sort 1 objet, au 2, on sort 2 objets et ainsi de suite. Le but étant de refaire un point sur nos possessions, alléger notre maison comme notre esprit (surtout le mien), gagnant ainsi en temps et en espace.

Nous voilà donc à la fin de ce défi, suivi notamment par Vivianne et Lamarmottechuchote.

Nos premiers mots? C’est pas facile ! Lire la suite

Permaculture – le gros mot.

papillon de nuit sur fleur de jour permaculture.jpg

A plusieurs reprises, sur le blog ou sur les réseaux sociaux, on nous interroge sur notre façon de jardiner et on relève le terme « permaculture ». Qu’est-ce que c’est ? Quelle est la différence avec l’agriculture biologique?  Est-ce que je peux faire de la permaculture sur mon balcon? 

Trois ans qu’on s’est penchés plus sérieusement sur le sujet (pour ma part, je partais de zéro), deux ans qu’on tient ce blog, entre popote et jardinage. C’est peut être l’occasion de réfléchir à cette notion et partager avec vous ce qu’on en retient.

Un mot dans l’air du temps, qu’il est difficile de coller à une définition bien cadrée; et pour cause, c’est un concept systémique, une manière de voir et d’appréhender les choses dans leur globalité. Et si je devais l’expliquer avec mes mots à moi, je dirai que c’est d’abord observer la nature, s’en inspirer et faire en fonction d’elle, toujours dans la bienveillance. C’est voir les choses dans leur globalité et non séparément: chaque être, chaque végétal, de par ses différentes fonctions agit en synergie avec les autres pour créer la vie.

Ainsi, « mauvaises herbes » (=adventices) et « nuisibles » ont un intérêt , peut être pas directement pour nous, Humains, mais un intérêt quand même.  Quand du liseron ou du rumex poussent entre vos tomates et poivrons, ils travaillent à votre place. Par leurs puissantes racines, ils ameublissent le sol et les parties aériennes vont limiter l’évaporation de l’eau. Le tout va apporter de la matière organique, donc des éléments nutritifs, ainsi que le gîte et le couvert aux micro et macro organismes naturellement présents dans le sol.  (on le vous disait déjà dans cet article publié il y a deux ans.) )Comme tout est question d’équilibre , il n’est pas question pour autant de laisser son potager nourricier devenir un champs de chiendent, il y a évidemment un entre deux à respecter si on veut manger… tout en ne passant pas sa vie à désherber. On y reviendra plus tard…

Je n’ai pas ici choisi forcément le meilleur exemple puisque dans ce cas, les « mauvaises herbes » servent l’Humain. Une précision tout de même : ce n’est pas parce que des plantes ou des êtres semblent « servir à rien », qu’ils ne servent à rien. D’ailleurs, indirectement, tout finit par nous servir. 

Il existe trois grands principes fondateurs : Prendre soin de la terre, prendre soin des hommes et partager équitablement. Car la permaculture ne s’arrête pas au jardinage mais s’étend à tous les domaines de la vie, et c’est bien logique puisqu’elle se base sur un modèle où tout est lié.

Pour illustrer cette synergie, il existe la fleur permaculturelle (je l’ai choisi détaillée pour davantage comprendre son étendue) :

fleur-permaculture-complete-couleur

Source : Lasymbioserie.com

Sans même avoir l’âme d’un.e jardinier.e , il se peut que votre démarche perso s’inscrive également dans cette fleur : minimalisme, zéro déchet, éducation bienveillante, médecine alternative … C’est ainsi que certain.e.s sont dans une démarche qualifiée de permacole, sans jamais avoir mis les mains dans la terre, quand d’autres jardinie.re.s, aussi bio soient-iels, en sont loin.

Là où je veux en venir, c’est que réduire la permaculture à du jardinage bio est une absurdité; malheureusement c’est ce qu’il se passe la plupart du temps. La faute bien souvent aux médias qui, par le biais de 2 pages dans un magasine ou 5 minutes au JT, présentent le sujet comme la solution miracle à la faim dans le monde ou comme un courant New age marginal pour les originaux. Pire, on réduit la permaculture à des techniques, comme les fameuses « buttes (auto-fertiles) de permaculture« , les « bacs de permaculture« , le paillage à la paille, la non-nécessité de l’arrosage ou la récupération systématique des semences; pleins de « bons » conseils qu’il semble falloir suivre à la lettre pour être un bon permaculteur. Rappelons quand même qu’à la base, il s’agit d’observer et de faire en fonction, donc en résumé, réfléchir : l’arbitraire ne peut avoir sa place dans ce système. Car ce qui marchera chez l’un.e ne marchera peut-être pas chez l’autre. Essayer de (re)créer un écosystème durable et résilient avec des conseils qui s’appliquent parfaitement à l’opposé du pays ça peut fonctionner… comme ça peut totalement foirer. Et il serait dommage de perdre un temps précieux (et souvent des ressources précieuses) avec des pratiques qui ne conviennent absolument pas.

Pour reprendre l’exemple trop souvent lus des buttes : Sur un sol très argileux,  lourd et qui retient un peu trop l’eau, il peut être intéressant de mettre en place des butes pour aider au drainage. mais faire des butes sur une terre plutôt sableuse est un non sens puisque le sol est déjà drainant; l’eau va juste traverser la butte, pas grand chose ne la retiendra.

Il est donc assez difficile de répondre à quelqu’un.e qui demande  » comment se lancer là dedans? « , notamment pour le jardinage. Bien sûr, il y a des conseils qu’on peut donner et c’est aussi un peu le but de l’article. Il faut garder à l’esprit que la permaculture n’est pas une baguette magique qui permet forcément de créer l’abondance sur des petits espaces, ou qui permet de se passer totalement d’eau, ce n’est pas une recette de cuisine qu’on suit à la lettre, ni un schéma de bac en bois pour obtenir de jolis carrés potager. En revanche, les conseils qui nous semblent les plus pertinents à donner, sont d’observer, rechercher et s’instruire, et rester curieux.se .

Observer son lieu de culture, les avantages (pluie, soleil..) les inconvénients (pluie, soleil..;) ), ce qui y pousse naturellement, et chercher l’indication que nous donnent ces plantes, le type de sol, les ressources qui se trouvent autour du lieu etc
Réfléchir à vos envies et vos capacités
Lire des livres sur les sujets : sur les plantes en elle-même, sur le compost, sur les couvertures de sol, sur les acteurs de votre potager et leurs besoins : les pollinisateurs, les travailleurs du sol, les nuisibles.

Bref, l’intérêt est de comprendre votre jardin afin de faire les bons choix. Et le plus important pour moi, expérimenter. Le risque en partant totalement à l’aveugle c’est de perdre du temps et de gâcher des ressources (l’eau notamment, et tout ce qui aura servi à faire naître vos plants) mais l’expérience, avec ses réussites et ses échecs est aussi un très bon moyen de comprendre. Bref, feeling et curiosité sont des outils précieux pour s’épanouir dans ce domaine.

la permaculture-les2ALchimistes

Pour illustrer davantage nos propos, voici un peu comment on fonctionne chez nous.

Première phase d’observation
Quand nous sommes arrivés il y a un an jour pour jour, il n’y avait rien dans le jardin sinon un bananier et un palmier au milieu. Nous avons commencé par enlever ceux-ci, qui ne sont pas du tout adaptés à notre climat et qui demande des litres et des litres d’eau. La « pelouse » étaient en réalité un mélange de mousse, chiendents, verveine officinale et de potentille rampante; ces plantes nous indique un terrain lourd et asphyxié. Il faut dire qu’une piscine portative y est restée un temps, et plusieurs tonnes d’eau, ça tasse… .Une dent de grelinette cassée est aussi un très bon indicateur d’un sol très très tassé…

Déléguer le travail du sol aux engrais verts – Le droit à la paresse
Arrivés en plein été, Alexys a préparé rapidement quelques planches à la grelinette pour pouvoir cultiver tout de suite plusieurs choses. Sur les planches inoccupées, des engrais verts y ont été semés pour ameublir ce sol très lourd, nourrir le sol par les racines puis par la suite, par les parties aériennes. Chaque hiver, les planches seront désormais couvertes; soit de cultures d’hiver (épinards, fèves, chou chinois, radis d’hiver), soit d’engrais verts.

Réfléchir à nos besoins et nos envies. 
Etant limités en place, nous avons beaucoup réfléchis aux légumes que nous souhaitions cultiver; pas question de réserver de la place pour des pommes de terre qui ne coûtent pas très cher, mais obligation de mettre beaucoup de pieds de courgettes puisque ce légume est celui que nous consommons en très grosse quantité (#teamcourgette) et sous toutes les formes. Nous n’avons pas fait beaucoup de tomates car nous ne les consommons qu’en sauce (pas #teamtomate). Nous n’en ferons pas l’année prochaine, on passera directement par un maraîcher pour faire nos sauces, nous offrant la possibilité de faire davantage de poivrons.

Réfléchir à ce qu’on ne veut pas. 
Les engins motorisés (tondeuse, taille haie, motobineuse) sont proscrits chez nous: c’est une pollution bien inutile sur un si petit espace. Tondre tous les quatre matins, même si c’est à la tondeuse manuelle, ce n’est pas pour nous #teammalsrasés

Faire avec les ressources alentours. 
Derrière chez nous, au fond du jardin, il y a un fossé communal qui est de temps en temps débroussaillé par les agent.e.s de la commune. Très bien! Un coup de râteau et on obtient de quoi pailler le potager ! Nos deux voisins tondent leur pelouse et emmènent leur tonte à la déchetterie. Très bien, on la récupère !

Nourrir nos allié.e.s, leur offrir le gîte. 

On lit et entend souvent que la permaculture c’est aussi apprendre à ne pas faire; ne pas intervenir dès que les pucerons apparaissent par exemple. S’il est vrai que nous appliquons ce principe, nous ne restons pas non plus sans rien faire; laisser les pucerons envahir son potager « permacole » et continuer à tondre et à tenir un jardin excessivement « propre » n’est clairement pas la bonne manière.

Afin d’accueillir, et surtout, de conserver nos auxiliaires divers (chrysopes, coccinelles, syrphes, abeilles, carabes, etc.) il est primordial de semer des fleurs mellifères, laisser des coins sauvages et non tondus, laisser des tas de pierres, entasser des branchages et feuilles mortes. Ainsi, vos auxiliaires venus se régaler de vos pucerons, limaces et autres « nuisibles », trouveront le nécessaire à une installation perenne. A terme, chaque « invasion » sera plus facilement et rapidement jugulée. Un équilibre peut ainsi se créer. Installer une haie vive avec des espèces indigènes prélevés ici ou là dans le village, procurant des fleurs pour les insectes, des fruits pour les oiseaux, et un abri pour toute une myriade de vie est également un atout de taille pour amener un jardin « classique » à un jardin vivant, de biodiversité.

Apprenez à connaitre vos plantes et insectes, pour mieux accepter leur présence.

Et en dehors du jardin? 

On essaie de produire le moins de déchet possible (zéro déchet), et les déchets organiques sont compostés via un composteur traditionnel et un lombricompost . On essaie de consommer moins mais mieux , on fait de la récup de meubles, de fringues et même de nourriture . On récupère les eaux grises (eau de chauffe, eau de rinçage de mains/vaisselle/légumes, eau de la douche sans savon) pour le potager, en plus de l’eau de pluie. On apprend à faire les choses nous même (couture, produits ménagers et cosmétiques …) et ensuite on transmet, que ce soit via ce blog ou via un atelier dans une jolie boutique . On essaie de relancer un jardin partagé dans notre commune, même si nous faisons face à des déconvenues, on sensibilise un peu autour de nous, l’air de rien. On essaie d’être bienveillants mais ce n’est pas toujours le plus facile…

Bref, nous essayons de faire au mieux, entre nos envies, nos besoins, nos convictions, nos possibilités… et nos limites ! Nous souhaitons simplement prendre soin de la Terre, des animaux humains et non-humains, dans le respect et la bienveillance.

la permaculture chez les2alchimistes pinterest.jpg

Un peu de magie – Avis livre photo Saal Digital

coquelicooot

Il y a quelques temps, j’ai vu une annonce sur les réseaux sociaux de l’entreprise Saal Digital cherchant des photographes, pro ou amateur, pour tester leur livre photo et partager leur avis. J’ai candidaté et j’ai obtenu un bon d’achat de 40€ sur leur site.

Comme vous avez pu le voir sur ce blog, j’apprécie vraiment la photographie; mes sujets de prédilections sont la faune et la flore. mais ces photos restent la plupart du temps numériques , je ne les tire pas. Voilà donc une belle occasion de créer un livre sur le thème de la nature… Lire la suite

Avoir moins, être mieux.

less is more minimalisme les2Alchimistes

Même si j’utilise souvent ce terme dans mes articles, je n’en ai jamais consacré un seul sur le sujet, et pour cause, ne l’étant pas à 100%, je ne me sentais pas légitime. Je voulais vous parler du minimalisme, d’un point de vue très personnel.

On le voit un peu partout, ma cuisine minimaliste, ma garde robe minimaliste (capsule wardrobe), ma routine minimaliste… Beaucoup d’articles pour traiter d’un sujet qui pourtant prône le moins. Lire la suite

Article à vrac – glanage, jardinage, bricolage, couture & lecture

ahahkicki2

Et pour la nomination du plus gros manque d’assiduité dans l’écriture de leur blog, le prix revient à …. tadam tadam… Les2ALchimistes !!!

Oh c’est nous ! 

Bon, faut avouer qu’on est pas mal occupés en ce moment ! Les beaux jours qui reviennent, les journées qui rallongent, Alexys passent plus de temps dans le jardin et moi dans la cuisine ou derrière la machine à coudre. La petite maison dans la prairie version 2017; faut l’avouer, on aime ça 🙂  Lire la suite