Mousse au chocolat végétale – au jus de pois chiche.

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Lait entier; sucre; chocolat noir (pâte de cacao, sucre, cacao maigre en poudre, émulsifiant: lécithine de soja); cacao maigre en poudre; crème; gélatine bovinelait écrémé en poudre; épaississants: carraghénanes, alginate de sodium; émulsifiant: E472b; arôme; protéines de laitlactose et minéraux du lait

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Voici les ingrédients qui composent une mousse au chocolat du commerce, de marque distributeur.

La recette qu’on va vous proposer tourne déjà depuis deux ans et demi sur la blogosphère végane; on invente pas l’eau chaude, mais on aimerait partager cette recette à nos lecteurices qui ne connaissent peut être pas cette petite merveille.

Ici, pas d’œuf, pas de matière grasse ajoutée ni de gélatine bovine (=peau, os & tendons broyés). Juste du chocolat et… du jus de pois chiche.

Le jus de pois chiche, autrement appelé aquafaba, est l’eau de cuisson de la légumineuse, qui s’avère être riche en albumine (comme le blanc d’œuf). Cette protéine permet, vulgairement, d’emprisonner l’air, et d’être « montée en neige ». Qu’on se rassure, ça n’a pas de gout; ça apporte simplement la texture.

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La plupart des recettes proposées se font avec du jus de boite de pois chiche; nous achetons les pois chiches secs et en vrac; nous cuisons une quantité « au pif », les pois chiche se conservent bien au frais et s’utilisent dans divers plats (quand ils ne finissent pas en houmous) & le jus se congèle.

Préparer l’aquafaba :

Peser la quantité de pois chiche désirée et mettre à tremper pendant une nuit. Le lendemain, les rincer et les mettre à cuire dans une cocotte minute, en les recouvrant d’eau, pour 30 minutes à partir du moment où la cocotte est sous pression.  Sortir ensuite les pois chiche et mettre à réduire le liquide sur feux doux, une dizaine de minutes. Il faut que le liquide épaississe un peu, voire devienne un peu gélatineux. C’est prêt.

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Préparer la mousse.

Il faut autant de chocolat dessert que d’aquafaba (voire un peu plus); il faut tester, selon la consistance de son aquafaba & la qualité de son chocolat, le résultat peut différer. Pour 6 verres comme sur les photos, on compte 300g d’aquafaba et 300g de chocolat.

Faire fondre votre chocolat au bain marie; attention à ne pas trop le chauffer, plus il est cuit et donc dur, moins il sera facile de l’incorporer. Dans un robot ou avec un batteur à main, monter le jus en neige; compter une bonne quinzaine de minutes si le jus n’a pas été assez réduit. Vous pouvez « fixer » la neige avec un trait de vinaigre, de jus de citron ou du sucre glace. La vitesse doit augmenter progressivement. Une fois une texture de blanc bien ferme obtenue (vous retournez le bol et la neige ne tombe pas; le cas contraire, il ne reste plus qu’à tout nettoyer et recommencer), dans un saladier, couler le chocolat et un peu d’aquafaba en neige et bien mélanger. Incorporer le reste délicatement avec une spatule. Couler ensuite la préparation dans des pots ou des verres et laisser prendre au minimum une bonne heure au frigo.

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Il ne reste plus qu’à découvrir avec surprise la texture incroyable de cette mousse légère et délicieuse. De quoi bluffer vos invité.e.s

Les pois chiche se mixent avec de l’ail, du jus de citron, de l’eau et de l’huile d’olive (selon vos gouts) pour faire un délicieux houmous à tartiner (ou à manger à la petite cuillère, j’avoue).

Avec cet aquafaba, vous pouvez réaliser des meringues, des macarons, des tartes meringuées et pleins d’autres gourmandises. Il y a même un livre Aquafaba de Sébastien Kardinal et Laura VeganPower avec pleins de recettes.

J’espère que vous testerez cette petite recette et nous ferez part de vos résultats; merci à Catherine de Lamarmottechuchote de m’avoir donné envie de me lancer, je ne suis pas déçue!

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Réduire ses déchets avec ces 10 gestes simples

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Si le tout jetable a été vendu aux précédentes générations comme une libération, l’abandon de contraintes et la facilité, il n’en reste pas moins que ces produits à usage unique sont un désastre écologique. En plus des ressources nécessaires à leur fabrication et à leur acheminement, il faut prendre en compte les ressources utilisées pour les détruire ou les recycler. Ces produits jetables comme les sacs, les emballages, les cotons tiges nécessitent du plastique, matière polluante issue du pétrole. Ces produits sont parfois recyclés mais ils sont aussi parfois enfouis ou incinérés. Quand ce n’est pas du plastique, comme pour les cotons démaquillants ou le papier absorbant, c’est du coton, dont la culture, souvent OGm,  nécessite des quantités phénoménales d’eau et de pesticides. Une pollution invisible mais pas moins irréelle. Trier ces déchets, c’est bien mais limiter leur production, c’est encore mieux; comme on dit, le meilleur déchet est celui qu’on ne produit pas. Voici donc quelques petits gestes faciles à mettre en place pour réduire ces déchets. 

1_ Composter !

Alors là, c’est la base de la base. Traiter les déchets organiques comme les autres ordures ménagères est une aberration puisqu’il est très facile à l’échelle de chaque habitant de gérer soi même (et valoriser!) ce type de déchet. Ne pas composter est une perte d’énergie et de ressources (transport, gestion, incinération) mais aussi financière. Composter est accessible à quasiment tout le monde, que vous ayez un jardin ou non. Il existe le compostage traditionnel, en tas ou dans un bac dans le jardin et le lombricompost et le bokashi si vous n’avez pas de jardin. Dans certaines villes, il existe également des composts collectifs et/ou du ramassage de déchets organiques directement à votre porte.

2_ Acheter en vrac & utiliser des contenants réutilisables.

L’emballage d’un produit représente de 5 à 20% de son prix de vente : quand on sait qu’il finira à la poubelle, on peut littéralement se dire que c’est jeter l’argent par les fenêtres. La solution, pour alléger porte-monnaie et poubelle, c’est le vrac (et ses contenants réutilisables). On le retrouve dans les magasins biologiques, quelques grandes surface et dans de jolies boutiques sans emballage comme L’effet Bocal à Poitiers. La vente directe telle que les marchés, l’achat à la ferme ou les amap permet aussi d’amener ces propres contenants. Sacs en tissus (voir mon tuto pour les faire vous même), bocaux, boites « tuptup » (dans l’idéal en verre, mais si vous en avez déjà en plastique, ne les jetez pas 😉 ) – Et même sans pousser jusqu’à l’achat « tout en vrac », refuser les sacs plastiques (même les pseudo biodégradables qui ne le sont pas réellement) , avoir toujours un sac à pain pour y mettre … son pain ou faire attention à ne pas acheter de produits sur-sur-sur-sur eemballés, c’est déjà un bon début.

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3_ Remplacer ces produits ménagers par des choses simples

Nul besoin d’avoir 10 produits spécifiques destinés à chaque pièce de la maison et à chaque type de surfaces. Ici, on se contente du vinaigre blanc (33cts/L) pour les plans de travail, la salle de bain, les bêtises des animaux, les vitres; du bicarbonate de sodium pour les taches plus incrustés comme sur les plaques vitro. Du savon noir (additionné de vinaigre pour dégraisser) pour laver le sol. Pour le lave vaisselle, nous utilisons des cristaux de soude et de l’acide citrique (recette des tablettes); pour détartrer les wc, nous utilisons également l’acide citrique (recette des tablettes). Enfin, pour la lessive, elle est faite à base de cendres du poêle à bois, mais il est possible d’en faire à base de lierre  ( recette de Une Julie Verte ) ou encore de savon (comme le savon de Marseille). Ces produits se trouvent en magasin bio ou en grandes surfaces (plus cher!).

4_ Passer aux cosmétiques solides

L’intérêt des cosmétiques solides est de ne pas avoir d’emballage en plastique (même s’il arrive que si…), et de durer plus longtemps que leur homologues en bouteille ou tube (et donc, de produire moins de déchet, même s’il y a un emballage plastique). Vous pouvez les acheter tout fait, emballés dans du carton : sur les sites de Lamazuna ou Pachamamai, plus toutes les petites savonneries artisanales tel que Aux grandes z’oreilles dans la Vienne. Ou vous pouvez choisir de les faire vous même, comme nous. Un shampoing solide personnalisable ou un personnalisé pour les dreads , un déodorant solide , des savons saponifiés à froid,  et même du dentifrice en poudre !

 

5_ Remplacer le jetable par du réutilisable

Lorsque vous renversez quelque chose, vous pouvez remplacer le papier essuie-tout par une éponge ou des torchons. Les cotons tiges se remplacent par un oriculi, en inox ou en bois (voire, par votre auriculaire), les cotons démaquillants jetables trouvent leur remplaçant lavables dans les magasins bio, sur internet, ou dans votre placard avec des chutes de tissus (voire mon tuto pour les faire vous même); les lingettes démaquillantes ou nettoyantes c’est pareil, à bannir. Le film alimentaire ou l’aluminium utilisé pour couvrir des plats peuvent être remplacés par un couvercle en tissu, un bee’s wrap ou une assiette.  Les pailles en plastique existent en inox; vous allez me dire, c’est un produit qu’on peut simplement supprimer mais pour boire un smoothie bien épais, une paille est plutôt la bienvenue. Les dosettes de café existent aussi en version réutilisable. Pour les concerné.e.s , les protections hygiéniques jetables peuvent être remplacées par du réutilisable : il existe la désormais célèbre coupe menstruelle , les serviettes hygiéniques lavables (celles ci sont fabriquées dans les Deux-Sèvres 😉 ) et même des culottes périodiques . Non, ce n’est pas « un retour en arrière » mais bien un progrès puisque il s’agit d’une prise de conscience. En plus, il n’est pas question d’avoir des couches surdimensionnées à laver à la main mais de jolis produits plutôt discrets. Il existe également pour les enfants les couches lavables.

 

De laver ces produits ne gaspille pas d’eau, il n y a pas besoin de faire davantage de lessives pour 3 torchons et 5 cotons. En revanche comme expliqué plus haut, fabriquer ces produits jetables consomme une quantité énorme d’eau; vous ne le voyez pas, mais ce sont des milliers de litres utilisés pour finir à la poubelle.

6_ Acheter d’occasion & donner, troquer et vendre.

« En quoi acheter de seconde main va réduire mes déchets? » ; l’occaz ne va pas forcément réduire le volume de vos poubelles mais va permettre à des objets déjà fabriqués de ne pas finir à la poubelle – en tous cas, pas tout de suite. De même que proposer au don, au troc ou à la vente des objets qui ne vous servent plus va permettre d’économiser des ressources qui aurait été nécessaire au traitement du dit objet lors de son recyclage ou de sa destruction. Nous avions rédigé tout un article sur l’achat d’occasion, spécifiquement sur l’ameublement.

7_ Réparer

Plutôt simple comme principe, lorsqu’un produit est abimé ou cassé, il faut essayer de le réparer : il existe bon nombres de tuto sur internet pour recoudre un pantalon déchiré, renforcer un meuble ou changer la résistance d’une télévision qui ne s’allume plus. Si vous ne vous sentez pas l’âme d’un.e bricoleur.se , demandez autour de vous ou trouvez un atelier de réparation comme le proposent certaines associations (comme les « Repair café« ).

8_ Arrêter les plats préparés et cuisiner

Même si ces plats peuvent être d’un grand secours un soir de flemme, il n’en reste pas moins que c’est généralement de la merde (non, je n’ai pas envie de prendre des pincettes), de la merde qui coûte cher et qui en plus, est sur-emballée.  Maintenant qu’on a acheté nos aliments en vrac, on peut passer aux fourneaux et cuisiner de bons petits plats (en grosse quantité, pour les congeler et les sortir les soirs de flemme 😉 ). Stop aux briques de soupes, on prend 10 minutes pour laver, éventuellement éplucher, couper et mettre à cuire de délicieux légumes de saison, le tout couvert d’eau une dizaine de minute, on mixe et c’est prêt. Stop aux salades en sachets (lavées au chlore) et autres barquettes de carottes râpées, on prend 2 minutes, on lave sa salade, on lave sa carotte, on la râpe et c’est prêt. Stop aux pâtes toutes prêtes, on prend 10 minutes, on mélange l’eau, la farine, le sel, potentiellement le levain, on pétrit, on étale et c’est prêt (à garnir). Stop aux.. je peux continuer longtemps.  Bref, des gestes simples, qui prennent peu de temps, qui permettent de manger mieux, moins cher et… de produire moins de déchet.

9_ Arrêter d’acheter de l’eau en bouteille

Ça vous semble pas un peu idiot d’utiliser de l’eau pour faire une bouteille dans laquelle on met de l’eau avant de la jeter et d’aller polluer de l’eau ? Avec une petite vidéo qui va bien.

L’eau du robinet n’est pas toujours super bonne partout, je vous l’accorde. Il y a même des communes où il est déconseillé aux personnes fragiles de la consommer. Bon d’accord. Il n’empêche que pour la majorité des villes et des personnes, il est tout à fait possible de la boire. Et que l’eau en bouteille n’est pas un gage de sécurité alimentaire; lorsque ces bouteilles sont mal stockées (c’est à dire, exposées à la lumière et à la chaleur), les substances toxiques voire cancérogènes (perturbateurs endocriniens comme le bisphénol A, phtalates…) migrent dans l’eau. D’ailleurs, si on appliquait les mêmes normes à cette eau que celles qu’on applique à l’eau du robinet, celle des bouteilles serait invendable (source). Si l’eau a un gout chloré, vous pouvez la faire reposer; si vous avez peur d’ingérer à votre insu des médicaments et autres merdouilles qu’on peut y trouver, vous pouvez investir dans du charbon actif. Écologiquement parlant, les bouteilles sont évidemment un désastre.  Le plastique utilisé dans sa fabrication, le polyéthylène téréphtalate (PET) nécessite près de 2 kg de pétrole brut pour fabriquer 1kg de PET.  L’eau parcourt en moyenne 300 km, de l’embouteillage au recyclage, donc c’est encore une fois des quantités phénoménales de pétrole qui sont utilisées. Enfin, plus de la moitié de ces bouteilles ne sont pas recyclées. En plus de protéger l’environnement, vous pourriez faire de belles économies puisque l’eau en bouteille est de 100 à 200 fois plus chère que l’eau du robinet.

10_ Mettre un stop pub sur sa boite aux lettres

Oui, je sais, faire ça c’est condamner des employés précaires à perdre leur taf; je n’encourage pas les emplois précaires et je n’encourage pas l’emploi à tout prix. On pourrait avoir le même raisonnement avec le tabac qui tue plus de 70 000 personnes en France par an mais qui pourtant fait vivre les fabricants, les buralistes et même les oncologues. Ou avec les armes. Bref. — On compterai presque 3kg de pub par mois par ménage et seule la moitié serait recyclée. 830 000 tonnes de papiers  pour de la publicité… (voir Planetoscope). Les annonceurs français dépensent 2,9 milliards d’euros chaque année en prospectus publicitaires, « répercutés sur le prix de vente des produits » Youhou, super. En plus, vous passez à la caisse deux fois puisqu’il faut ensuite recycler ces papiers et ça se répercute du coup sur votre taxe d’ordures ménagères (230 millions d’euros par an pour les papiers. Youhou: source). Ces deux coûts représenteraient 176€ par ménage (source).  En plus, comme les grandes surfaces ne font pas dans le social, vous pouvez être sûr.e que les supers promos ne sont que des leurres qui vont vous faire dépenser plus que nécessaire (voir cet article). En conclusion, ce stop pub est un bon moyen de réduire son volume de déchet, tout en faisant des économies.

J’ai conscience que tous ces gestes ne sont pas applicables à tout le monde (chacun.e a sa vie et son quotidien à gérer, parfois on a pas le temps ou pas l’énergie) pour autant, parmi ces 10 gestes, il y a pleins de petites choses faciles à mettre en place, tout en prenant son temps.  ça peut demander un peu de réflexion et d’organisation au début mais ensuite, tout devient une habitude. De plus, pas mal de ces gestes facilitent à la longue le quotidien.  Enfin, quand on voit le volume de sa poubelle réduire, encore et encore, c’est plutôt gratifiant.

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Le lombricompost, des vers pour réduire les déchets.

coucou les vers dans les mains

Alors que nous amorcions notre transition écologique il y a quelques années, nous nous sommes retrouvés confronter à un problème qui se pose pour beaucoup. Nous cherchions à réduire nos déchets, et surtout à valoriser nos déchets organiques. La solution, toute désignée, que tout le monde connait, est simple ; le compost, pardi ! Seulement, n’ayant à l’époque pas de jardin, nous n’avions pas le loisir d’installer un bac à compost. Après quelques recherches, nous sommes tombés par hasard sur le lombricompostage.

Qu’est-ce donc ?

Le lombricompostage, vous l’avez donc compris, est une méthode de compostage hors-sol, en opposition avec le compost classique, qui lui se déroule dans un jardin, avec un  tas de déchets déposé au sol, dans un bac ou non.
Ici, les seuls acteurs du compostage sont des vers spécialement choisis pour leur voracité, leur capacité à se reproduire rapidement. Il s’agit des vers de fumier, les vers Eisenia foetida, qui sont les plus couramment utilisés.

Où trouver ces vers ?

Comme le nom l’indique, ils aiment les tas de fumiers, et plus généralement la matière organique. Si vous avez accès à un tas de fumier, ou à un composteur, fouillez dedans et vous trouverez rapidement ces jolis vers. Si vous n’avez pas accès à ces ressources, il reste la possibilité d’en demander sur le site de don plus2vers.fr . Les vers se multipliant rapidement une fois le rythme trouvé, les possesseurs de lombricompost sont capables de vous donner une quantité de vers suffisante pour démarrer votre propre affaire.
Et si vraiment vous n’arrivez pas à vous en procurer, il reste la possibilité d’en acheter. Mais là, je ne vous mets pas de lien. On compte 250g de vers pour commencer un lombricompost sereinement. C’est quand ils sont bien à l’aise et ont suffisamment à manger qu’ils se reproduisent : un ver peut donner naissance de 100 à 400 vers.

vers dans sa maison lombricompost

Coucou toi

Comment les loger ?

Maintenant que l’on connait le principal acteur, il va falloir lui donner un lieu de vie adéquat.

On trouve dans le commerce des tas de modèles de lombricomposteurs, avec un ou plusieurs étages, un robinet, bref, des tas d’options super sympas.
Seulement, les options et le design, c’est sympa, ça s’intègre bien dans une maison, mais ça finit par avoir un coût non-négligeable (à partir de 60 euros sans les vers). Alors, lorsque l’on veut débuter son lombricompost, mais sans avoir la moindre idée de la réussite ou non du projet, sans investir une somme folle, on se tourne vers l’auto construction.
Après pas mal de recherches, en magasin de bricolage et à peu près tous les magasins possibles et imaginables, nous avons fini par trouver notre bonheur.
Un bac de dimensions (400 X 300 X 210 mm, mais c’est pas une science exacte), fermé (sans trou aux poignées), empilable (et pas encastrable), et avec couvercle, le tout de qualité alimentaire. L’ensemble (3 bacs + couvercle) nous est revenu à moins de 20 euros.

caisse lombricompost home made maison

Pourquoi 3 bacs ?
Le premier bac, celui du fond, va servir à récupérer le jus de lombricompost (ou lixiviat pour ceux qui aiment se compliquer la vie utiliser les bons termes). Le deuxième, posé sur le premier, va servir à recueillir les vers, et la nourriture des vers ; autrement dit, vos déchets organiques. Le troisième bac ne sera pas utilisé immédiatement ; mais lorsque le deuxième bac sera plein, il viendra se poser dessus, et vous commencerez à y mettre vos épluchures. Au fur à et à mesure, les vers migreront du bac 2 vers le bac 3. Lorsque le bac 3 est plein, on considère que le bac 2 est à maturité (en réalité il l’est avant, mais bon…). On peut donc vider le bac 2, qui deviendra le bac 3.

Ok, mais comment ils font pour migrer mes vers ?
Parce que déjà, avoir des caisses pleines de vers chez moi ça fait peur, mais si en plus c’est des vers capables de traverser la matière on va vraiment pas être copains…
Pas de panique, ils ne sont pas magiciens (et pourtant, ils transforment vos déchets en un précieux amendement, extrêmement riche! Si c’est pas de la magie…)
Vous aurez pris soin au préalable de percer vos caisses tous les centimètres, d’un trou fait à la perceuse avec un forêt de 4mm. Vous obtiendrez donc ça :

trous lombricompost
Les trous permettront l’écoulement du lixiviat (oui, je me complique la vie), et la migration. Bien évidemment, il ne FAUT PAS percer le bac du dessous.

Le menu pour ces messieurs dames.

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Bon, maintenant que j’ai mes vers et un hôtel 4 étoiles pour eux, il va falloir les nourrir.
Déjà, lorsque vous allez installer vos vers dans leur nouvel hôtel, vous devrez les laisser prendre possession des lieux tranquillement sans les nourrir (oui, c’est dur). Couvrez le fond de votre bac de carton ou de papier journal, et c’est tout, pendant une semaine.
Après ce temps d’adaptation, vous pourrez commencer à les nourrir. Les vers sont capables de manger la moitié de leur poids par jour, et dans de bonnes conditions, leurs poids !
Soit, pour 250g de vers, de 125g de déchets par jour à 250g !
Commencez par de petites doses, en partant plutôt sur ¼ du poids de vers en nourriture.

Repas des vers dans un lombricompost

Bon d’accord, merci, je sais combien je dois leur donner de… De quoi au fait ? Ils mangent quoi ?

Les vers sont très voraces et mangent beaucoup de choses différentes. Globalement ils mangent toutes les épluchures de cuisines, les trognons de fruits et légumes. Et surtout, il faut apporter de la matière carbonée ! (Voir plus bas)
Le plus simple est de vous copier directement un tableau de ce qu’ils peuvent manger ou ne peuvent pas.

A mes débuts et pour garantir un compostage rapide et efficace, je prenais le temps chaque jour de recouper les épluchures en petits morceaux. Je ne le fais plus aujourd’hui et il n’y a aucun problème.

Surtout, s’il y a bien un conseil à retenir, c’est de ne pas lésiner sur la matière carbonée ! Rouleaux d’essuie-tout, de papier hygiénique, boites d’œufs, cartons bruns (de colis), papier kraft, autant de ressources utilisables et valorisables par ce biais ! Ces matériaux vont aérer le compost, assécher également, et surtout, fixer les éléments nutritifs. Ce qui évitera un lessivage trop important lors de l’utilisation.
N’hésitez pas non plus à apporter des matières nécessitant un long temps de compostage, comme les coques de noix et noisettes, les noyaux (dattes, avocats, prunes, tout y passe…). Ils vont grandement aider à maintenir un compost aéré et aussi, les vers ont l’air d’apprécier ces « cachettes », ils y sont souvent assez nombreux et on y retrouve toujours des « cocons » (=œufs de vers).
Apporter aussi, régulièrement, des coquilles d’œufs broyées, une source de calcium qui évitera l’acidification du compost (et fournira à vos plantes une part de calcium nécessaire à leur croissance. Si c’est pas merveilleux!)

Nourriture de vers déjà bien transformee

Nourriture de vers déjà bien transformée

L’utilisation du lombri compost

Super ! J’ai réussi à faire un beau compost ! Maintenant, comment je l’utilise ?

A ce jour, je n’ai pas vraiment expérimenté le lombricompost en pots ou jardinières, aussi je ne vais pas forcément trop vous aiguiller. Globalement je n’ai jamais dépassé les 20% de lombricompost dans le mélange terreau/terre de mes plantes en pot.
Désormais, j’utilise ce compost au jardin directement ; on parle généralement de 300g/m² au jardin potager, mais le poids est assez fluctuant (selon le taux d’humidité du compost.)
J’utilise donc mes mains pour doser et apporter le compost de façon très ciblé ; une à deux poignées autour des plantes gourmandes fraîchement repiquées (typiquement, les solanacées). Pour les cucurbitacées, on peut se lâcher un peu plus, et apporter directement 4 à 5 poignées.
J’évite d’en apporter trop en une seule fois, je préfère en rapporter en cours de culture si je vois un ralentissement/jaunissement/dépérissement… Je n’en utilise pas pour les autres plantes, qui prendront les reliquats, ou seront amendées avec un compost « classique ».

Ouais bon ok, c’est bien beau ton lombricompost, mais il a quoi de mieux que le compost classique ?

Le lombricompost, par son procédé de fabrication, est plus « sain », plus contrôlé qu’un compost classique. On ne risque pas de voir se développer une colonie de taupins, de larves de hannetons ou autres joyeusetés.
De plus, lors de l’utilisation au jardin, vous apportez une vie micro biologique très riche, mais également macro biologique. Et oui, en apportant du lombricompost au jardin, vous apportez directement des vers (adultes ou non), mais aussi et surtout de très nombreux cocons ! Dans un jardin tenu couvert par des paillis végétaux diversifiés, les vers trouveront de quoi se nourrir et contribueront, encore une fois, à l’amélioration de la fertilité de votre sol.
Chez nous le lombricompost a failli être abandonné à notre arrivée dans une maison avec jardin ; finalement, des mulots ayant rapidement pris possession du composteur, nous avons opté pour revenir au lombricomposteur, qui nous permet de composter sereinement nos « déchets » de cuisine.
Pour éviter de se retrouver avec une invasion de mulots dans le potager, on continue à les nourrir dans le composteur, en leur donnant quelques fruits ou légumes si on en a trop, sinon du pain sec récupéré ici ou là. Cela fait déjà 1 an que l’on cohabite comme ça, et ils n’ont absolument pas touché à nos cultures jusqu’ici.

Bon bah c’est super ton truc, je vais pouvoir composter sans aucun problème maintenant ! Parce que, hein, c’est pas difficile ? Pas de problèmes à l’horizon ?

Ce n’est pas si simple !
Il peut, effectivement, y avoir des problèmes, évidemment.
Nous n’avons rencontré que 4 problèmes jusqu’ici dont 3 étaient directement liés entre eux :

  • Fuite de vers,
  • odeurs,
  • mort de vers,
  • et moucherons

Le pire, et celui que beaucoup appréhende, c’est la fuite des vers.

Cela nous est arrivé: En pleine nuit, Laurine est descendue au rez de chaussée et a trouvé les chats en train de s’amuser avec… des vers! Sur le pallier ils étaient nombreux à dépérir (une fois sortis du lombricomposteur, ils ne survivent généralement pas, puisque l’air ambiant est trop sec pour eux.) Évidemment la vision est assez dérangeante, et à 2h du matin, faire la chasse aux évadés et trouver une solution de repli pour passer une nuit un minimum sereinement… Bref, nous avons simplement remis les fugitifs dans un bac à part (nous avions 2 lombricomposteurs à l’époque).

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Le lendemain, j’ai procédé à « l’autopsie » du bac mis en cause.
Pour une raison qui m’échappe encore, plusieurs vers avaient « fondu » dans le bac, les faisant ainsi pourrir. L’odeur était vraiment forte, ce qui a très certainement entraîné la fuite des vers. Je n’ai pas réellement compris qu’elle était la cause de ces morts; aurais-je mis une nourriture proscrite ? Un morceau d’ail, une graine de courge ? Le milieu n’était pas acide, j’apporte très fréquemment une bonne quantité de coquilles d’œufs broyées pour éviter ça.
L’autre cause probable était une éventuelle asphyxie du milieu ?
Bref, j’ai vidé le bac sur un plateau, et j’ai méticuleusement fouillé le compost, en retirant les vers « fondus » et ceux qui me semblaient mal en point. En remettant tout ce petit monde dans le bac, il n’y a plus jamais eu de problème.
Depuis, nous n’avons plus jamais eu le problème (ni « fonte » de vers, ni odeur, ni fuite).

En revanche, et là, nous n’avons pas trouvé la recette miracle, nous nous sommes retrouvés confrontés à une invasion de mouches du terreau, des sciarides. Elles pullulent généralement dans les terreaux trop humides des plantes d’intérieur. En aérant régulièrement et en tenant le lombricompost dans une pièce qui n’est pas une pièce de vie, le problème reste relativement peu important. C’est plus inesthétique qu’autre chose. A noter que le problème est cyclique, en général il n’y a peu ou pas de sciarides en automne, jusqu’au printemps. La population atteint des sommets en juillet/aout, puisque leur cycle de vie varie en fonction de la température.

Et t’as parlé d’un bac tout en bas, pour récupérer du jus, ou un truc comme ça? Tu m’expliques?

Le dernier bac sert à collecter le jus, autrement appelé thé, et pour les plus téméraires, lixiviat. C’est, en gros, l’humidité contenue dans la nourriture des vers qui, excédentaire, va percoler à travers tout le compost, entraînant avec elle une part de nutriments. Autrement dit, c’est un excellent fertilisant. Difficile de vous donner ses valeurs NPK (la sacro-sainte triade de nutriments, Azote(N) Phosphore(P) Potassium(K)), puisque ça dépendra de la composition du compost. On utilise ce thé, au plus simple, en dilution à 10% (soit 1 litre pour 10 litres d’eau). A utiliser en arrosage tous les 15 jours, ou plutôt à chaque fois que vous penserez à récupérer ce thé. Il arrive parfois de ne pas récupérer de thé pendant plusieurs semaines/mois. En revanche, si vous en récoltez tous les 3 jours des litres et des litres, c’est que vous devez avoir un problème de matières sèches (pas assez de carton par ex.). Ou alors vous avez un très, très, TRÈS gros lombricomposteur.

Voilà, je pense que le tour de la question est fait. N’hésitez surtout pas à poser vos questions, ou à faire remonter les erreurs, les trucs survolés… Je me ferais un plaisir de corriger et affiner!

Faire les poubelles – de la survie à l’acte politique.

Fouiller dans les poubelles acte de survie et acte politique

Titre accrocheur pour parler d’un sujet assez tabou, rarement abordé sur les blogs lifestyle ou écologique, car sans doute pas assez glamour. Et pourtant, il serait temps de lever le voile sur cette pratique qui concerne beaucoup de personnes, que ce soit par besoin ou par militantisme.

[Spoiler : Oui, on fait les poubelles sans aucune gêne; j’ai partagé notre dernière récolte sur un groupe FB qui a suscité beaucoup de réactions. J’ai pensé qu’il serait intéressant de proposer un article pour reprendre un peu tout ce qui a été dit] Lire la suite

Shampoing solide spécial dreads – Parce que nos boudins le valent bien.

shampoing pour dreads entete titreIl y a deux ans, j’inaugurais la catégorie beauté de ce blog, en partageant la recette de mon premier shampoing solide. En deux ans, mes cheveux et mes envies ont évolués, les recettes aussi. Et surtout, je suis dreadée depuis un an maintenant et il a fallu que je trouve un shampoing  parfaitement adapté avec des critères bien précis: Il faut que celui ci lave bien, qu’il ne démêle pas, et qu’il assainisse le cuir chevelu qui étouffe un peu plus vite. Lire la suite

Bilan minsgame

entete - bilan minsgame

Le mois dernier, nous avions publié un article sur le minimalisme et avions décidé de nous lancer dans le défi minsgame pour ce mois de juillet. Pour rappel, c’est un challenge minimaliste qui consiste à se débarrasser d’objets en fonction des jours calendaires; au 1er du mois, on sort 1 objet, au 2, on sort 2 objets et ainsi de suite. Le but étant de refaire un point sur nos possessions, alléger notre maison comme notre esprit (surtout le mien), gagnant ainsi en temps et en espace.

Nous voilà donc à la fin de ce défi, suivi notamment par Vivianne et Lamarmottechuchote.

Nos premiers mots? C’est pas facile ! Lire la suite

Permaculture – le gros mot.

papillon de nuit sur fleur de jour permaculture.jpg

A plusieurs reprises, sur le blog ou sur les réseaux sociaux, on nous interroge sur notre façon de jardiner et on relève le terme « permaculture ». Qu’est-ce que c’est ? Quelle est la différence avec l’agriculture biologique?  Est-ce que je peux faire de la permaculture sur mon balcon? 

Trois ans qu’on s’est penchés plus sérieusement sur le sujet (pour ma part, je partais de zéro), deux ans qu’on tient ce blog, entre popote et jardinage. C’est peut être l’occasion de réfléchir à cette notion et partager avec vous ce qu’on en retient.

Un mot dans l’air du temps, qu’il est difficile de coller à une définition bien cadrée; et pour cause, c’est un concept systémique, une manière de voir et d’appréhender les choses dans leur globalité. Et si je devais l’expliquer avec mes mots à moi, je dirai que c’est d’abord observer la nature, s’en inspirer et faire en fonction d’elle, toujours dans la bienveillance. C’est voir les choses dans leur globalité et non séparément: chaque être, chaque végétal, de par ses différentes fonctions agit en synergie avec les autres pour créer la vie.

Ainsi, « mauvaises herbes » (=adventices) et « nuisibles » ont un intérêt , peut être pas directement pour nous, Humains, mais un intérêt quand même.  Quand du liseron ou du rumex poussent entre vos tomates et poivrons, ils travaillent à votre place. Par leurs puissantes racines, ils ameublissent le sol et les parties aériennes vont limiter l’évaporation de l’eau. Le tout va apporter de la matière organique, donc des éléments nutritifs, ainsi que le gîte et le couvert aux micro et macro organismes naturellement présents dans le sol.  (on le vous disait déjà dans cet article publié il y a deux ans.) )Comme tout est question d’équilibre , il n’est pas question pour autant de laisser son potager nourricier devenir un champs de chiendent, il y a évidemment un entre deux à respecter si on veut manger… tout en ne passant pas sa vie à désherber. On y reviendra plus tard…

Je n’ai pas ici choisi forcément le meilleur exemple puisque dans ce cas, les « mauvaises herbes » servent l’Humain. Une précision tout de même : ce n’est pas parce que des plantes ou des êtres semblent « servir à rien », qu’ils ne servent à rien. D’ailleurs, indirectement, tout finit par nous servir. 

Il existe trois grands principes fondateurs : Prendre soin de la terre, prendre soin des hommes et partager équitablement. Car la permaculture ne s’arrête pas au jardinage mais s’étend à tous les domaines de la vie, et c’est bien logique puisqu’elle se base sur un modèle où tout est lié.

Pour illustrer cette synergie, il existe la fleur permaculturelle (je l’ai choisi détaillée pour davantage comprendre son étendue) :

fleur-permaculture-complete-couleur

Source : Lasymbioserie.com

Sans même avoir l’âme d’un.e jardinier.e , il se peut que votre démarche perso s’inscrive également dans cette fleur : minimalisme, zéro déchet, éducation bienveillante, médecine alternative … C’est ainsi que certain.e.s sont dans une démarche qualifiée de permacole, sans jamais avoir mis les mains dans la terre, quand d’autres jardinie.re.s, aussi bio soient-iels, en sont loin.

Là où je veux en venir, c’est que réduire la permaculture à du jardinage bio est une absurdité; malheureusement c’est ce qu’il se passe la plupart du temps. La faute bien souvent aux médias qui, par le biais de 2 pages dans un magasine ou 5 minutes au JT, présentent le sujet comme la solution miracle à la faim dans le monde ou comme un courant New age marginal pour les originaux. Pire, on réduit la permaculture à des techniques, comme les fameuses « buttes (auto-fertiles) de permaculture« , les « bacs de permaculture« , le paillage à la paille, la non-nécessité de l’arrosage ou la récupération systématique des semences; pleins de « bons » conseils qu’il semble falloir suivre à la lettre pour être un bon permaculteur. Rappelons quand même qu’à la base, il s’agit d’observer et de faire en fonction, donc en résumé, réfléchir : l’arbitraire ne peut avoir sa place dans ce système. Car ce qui marchera chez l’un.e ne marchera peut-être pas chez l’autre. Essayer de (re)créer un écosystème durable et résilient avec des conseils qui s’appliquent parfaitement à l’opposé du pays ça peut fonctionner… comme ça peut totalement foirer. Et il serait dommage de perdre un temps précieux (et souvent des ressources précieuses) avec des pratiques qui ne conviennent absolument pas.

Pour reprendre l’exemple trop souvent lus des buttes : Sur un sol très argileux,  lourd et qui retient un peu trop l’eau, il peut être intéressant de mettre en place des butes pour aider au drainage. mais faire des butes sur une terre plutôt sableuse est un non sens puisque le sol est déjà drainant; l’eau va juste traverser la butte, pas grand chose ne la retiendra.

Il est donc assez difficile de répondre à quelqu’un.e qui demande  » comment se lancer là dedans? « , notamment pour le jardinage. Bien sûr, il y a des conseils qu’on peut donner et c’est aussi un peu le but de l’article. Il faut garder à l’esprit que la permaculture n’est pas une baguette magique qui permet forcément de créer l’abondance sur des petits espaces, ou qui permet de se passer totalement d’eau, ce n’est pas une recette de cuisine qu’on suit à la lettre, ni un schéma de bac en bois pour obtenir de jolis carrés potager. En revanche, les conseils qui nous semblent les plus pertinents à donner, sont d’observer, rechercher et s’instruire, et rester curieux.se .

Observer son lieu de culture, les avantages (pluie, soleil..) les inconvénients (pluie, soleil..;) ), ce qui y pousse naturellement, et chercher l’indication que nous donnent ces plantes, le type de sol, les ressources qui se trouvent autour du lieu etc
Réfléchir à vos envies et vos capacités
Lire des livres sur les sujets : sur les plantes en elle-même, sur le compost, sur les couvertures de sol, sur les acteurs de votre potager et leurs besoins : les pollinisateurs, les travailleurs du sol, les nuisibles.

Bref, l’intérêt est de comprendre votre jardin afin de faire les bons choix. Et le plus important pour moi, expérimenter. Le risque en partant totalement à l’aveugle c’est de perdre du temps et de gâcher des ressources (l’eau notamment, et tout ce qui aura servi à faire naître vos plants) mais l’expérience, avec ses réussites et ses échecs est aussi un très bon moyen de comprendre. Bref, feeling et curiosité sont des outils précieux pour s’épanouir dans ce domaine.

la permaculture-les2ALchimistes

Pour illustrer davantage nos propos, voici un peu comment on fonctionne chez nous.

Première phase d’observation
Quand nous sommes arrivés il y a un an jour pour jour, il n’y avait rien dans le jardin sinon un bananier et un palmier au milieu. Nous avons commencé par enlever ceux-ci, qui ne sont pas du tout adaptés à notre climat et qui demande des litres et des litres d’eau. La « pelouse » étaient en réalité un mélange de mousse, chiendents, verveine officinale et de potentille rampante; ces plantes nous indique un terrain lourd et asphyxié. Il faut dire qu’une piscine portative y est restée un temps, et plusieurs tonnes d’eau, ça tasse… .Une dent de grelinette cassée est aussi un très bon indicateur d’un sol très très tassé…

Déléguer le travail du sol aux engrais verts – Le droit à la paresse
Arrivés en plein été, Alexys a préparé rapidement quelques planches à la grelinette pour pouvoir cultiver tout de suite plusieurs choses. Sur les planches inoccupées, des engrais verts y ont été semés pour ameublir ce sol très lourd, nourrir le sol par les racines puis par la suite, par les parties aériennes. Chaque hiver, les planches seront désormais couvertes; soit de cultures d’hiver (épinards, fèves, chou chinois, radis d’hiver), soit d’engrais verts.

Réfléchir à nos besoins et nos envies. 
Etant limités en place, nous avons beaucoup réfléchis aux légumes que nous souhaitions cultiver; pas question de réserver de la place pour des pommes de terre qui ne coûtent pas très cher, mais obligation de mettre beaucoup de pieds de courgettes puisque ce légume est celui que nous consommons en très grosse quantité (#teamcourgette) et sous toutes les formes. Nous n’avons pas fait beaucoup de tomates car nous ne les consommons qu’en sauce (pas #teamtomate). Nous n’en ferons pas l’année prochaine, on passera directement par un maraîcher pour faire nos sauces, nous offrant la possibilité de faire davantage de poivrons.

Réfléchir à ce qu’on ne veut pas. 
Les engins motorisés (tondeuse, taille haie, motobineuse) sont proscrits chez nous: c’est une pollution bien inutile sur un si petit espace. Tondre tous les quatre matins, même si c’est à la tondeuse manuelle, ce n’est pas pour nous #teammalsrasés

Faire avec les ressources alentours. 
Derrière chez nous, au fond du jardin, il y a un fossé communal qui est de temps en temps débroussaillé par les agent.e.s de la commune. Très bien! Un coup de râteau et on obtient de quoi pailler le potager ! Nos deux voisins tondent leur pelouse et emmènent leur tonte à la déchetterie. Très bien, on la récupère !

Nourrir nos allié.e.s, leur offrir le gîte. 

On lit et entend souvent que la permaculture c’est aussi apprendre à ne pas faire; ne pas intervenir dès que les pucerons apparaissent par exemple. S’il est vrai que nous appliquons ce principe, nous ne restons pas non plus sans rien faire; laisser les pucerons envahir son potager « permacole » et continuer à tondre et à tenir un jardin excessivement « propre » n’est clairement pas la bonne manière.

Afin d’accueillir, et surtout, de conserver nos auxiliaires divers (chrysopes, coccinelles, syrphes, abeilles, carabes, etc.) il est primordial de semer des fleurs mellifères, laisser des coins sauvages et non tondus, laisser des tas de pierres, entasser des branchages et feuilles mortes. Ainsi, vos auxiliaires venus se régaler de vos pucerons, limaces et autres « nuisibles », trouveront le nécessaire à une installation perenne. A terme, chaque « invasion » sera plus facilement et rapidement jugulée. Un équilibre peut ainsi se créer. Installer une haie vive avec des espèces indigènes prélevés ici ou là dans le village, procurant des fleurs pour les insectes, des fruits pour les oiseaux, et un abri pour toute une myriade de vie est également un atout de taille pour amener un jardin « classique » à un jardin vivant, de biodiversité.

Apprenez à connaitre vos plantes et insectes, pour mieux accepter leur présence.

Et en dehors du jardin? 

On essaie de produire le moins de déchet possible (zéro déchet), et les déchets organiques sont compostés via un composteur traditionnel et un lombricompost . On essaie de consommer moins mais mieux , on fait de la récup de meubles, de fringues et même de nourriture . On récupère les eaux grises (eau de chauffe, eau de rinçage de mains/vaisselle/légumes, eau de la douche sans savon) pour le potager, en plus de l’eau de pluie. On apprend à faire les choses nous même (couture, produits ménagers et cosmétiques …) et ensuite on transmet, que ce soit via ce blog ou via un atelier dans une jolie boutique . On essaie de relancer un jardin partagé dans notre commune, même si nous faisons face à des déconvenues, on sensibilise un peu autour de nous, l’air de rien. On essaie d’être bienveillants mais ce n’est pas toujours le plus facile…

Bref, nous essayons de faire au mieux, entre nos envies, nos besoins, nos convictions, nos possibilités… et nos limites ! Nous souhaitons simplement prendre soin de la Terre, des animaux humains et non-humains, dans le respect et la bienveillance.

la permaculture chez les2alchimistes pinterest.jpg

Article à vrac – glanage, jardinage, bricolage, couture & lecture

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Et pour la nomination du plus gros manque d’assiduité dans l’écriture de leur blog, le prix revient à …. tadam tadam… Les2ALchimistes !!!

Oh c’est nous ! 

Bon, faut avouer qu’on est pas mal occupés en ce moment ! Les beaux jours qui reviennent, les journées qui rallongent, Alexys passent plus de temps dans le jardin et moi dans la cuisine ou derrière la machine à coudre. La petite maison dans la prairie version 2017; faut l’avouer, on aime ça 🙂  Lire la suite